Esquimautage en souplesse séance 0

Séance préparatoire à la progression esquimautage
But de la séance

Éviter que s’installe la mauvaise habitude de vouloir relever la tête le trop vite.
Pouvoir se laisser flotter à la surface de l’eau (un peu comme faire la planche avec les jambes dans un kayak).
Se rendre compte qu’en allant tout doucement, il n’y a pas besoin d’utiliser la force.
Intégrer que si à quelque moment que ce soit on utilise de la force, c’est que l’on ne fait pas ce qu’il faut.
Être prêt à commencer la progression dans de bonnes conditions.

Préparation : les calages

Reculer et écarter les genoux au maximum pour qu’ils soient bien en contact avec le bateau.
Ramener au maximum les plantes de pieds vers soi.
Régler les cales-pieds dans cette position.
Prendre un tapis de gymnastique en mousse (5€ chez Décathlon : dimensions 1,80 m x 50 cm). En couper 6 morceaux de 30 cm par 30 cm et 6 morceau de 15 cm par 20 cm.
Mettre suffisamment de morceaux de 30 cm x 30 cm sous les fesses pour pouvoir s’allonger sur le pont arrière du kayak sans se faire mal au dos.
Le fait de se trouver assis plus haut va augmenter la pression sur les genoux, et diminuer la stabilité.

Pour tous les exercices à deux, chacun pratique plusieurs fois puis on échanges les rôles. Alterner jusqu’à ce que cela semble facile.

L’exemple qui vous prouve qu’il n’y a pas besoin de gros bras pour esquimauter

Pour ceux qui ne sont pas trop à l’aise en anglais, activez les sous-titres. 🙂

Exercice 1 : Assiette et stabilité

Deux partenaires.
On range les pagaies.
Kayakiste 1 prend la pointe avant de son partenaire dans une main, et le dessous de la coque à l’endroit où il aura le plus de force.

Étape 1:

Kayakiste 2 se penche au maximum EN AVANT, cale bien ses genoux.
Quand les deux sont prêts, 1 essaie de retourner 2 sans à coup, en utilisant progressivement de plus en plus de force. 2 utilise ses deux genoux pour résister, et garde son corps au dessus du kayak. Interdiction de se pencher à l’extérieur du kayak.

Étape 2 :

Kayakiste 2 se penche au maximum EN ARRIÈRE, cale bien ses genoux.
Quand les deux sont prêts, 1 essaie de retourner 2 sans à coup, en utilisant progressivement de plus en plus de force. 2 utilise ses deux genoux pour résister, et garde son corps au dessus du kayak. Interdiction de se pencher à l’extérieur du kayak.

Conclusion

On en déduit habituellement que c’est sur l’avant qu’on va trouver la stabilité du kayak. Si ce n’est pas le cas, recommencer l’exercice.

Exercice 2 : utiliser l’instabilité

La position la plus stable d’un kayak c’est quand le kayakiste est sous l’eau, bien droit. Un des problèmes est qu’on n’avance pas très vite comme ça, et un autre qu’on ne respire pas bien.
Quand le kayak est retourné, c’est intéressant qu’il soit instable, ça veut dire qu’il ne faut pas beaucoup d’énergie pour le remettre à l’endroit.
Deux partenaires.
Kayakiste 1 pose la main sur la pointe avant du kayak de son partenaire. Le coude de cette main doit être le plus bas possible pour protéger l’épaule.

Étape 1 : tête dans l’eau

Regard vers le ciel, il vient poser son dos sur son pont arrière.
Gardant le regard vers le ciel, il amène la tête dans l’eau.
Avec les genoux il empêche son bateau de basculer.
Faire les choses le plus doucement possible.
Rester ainsi un moment (tête dans l’eau regard vers le ciel).
Remettre le kayak à plat à l’aide des genoux.
Ramener la tête sur le kayak.
Ensuite seulement remonter en position normale.
Le plus dur est de faire les geste lentement en prenant le temps de marquer chaque étape.

Etape 2 : épaule dans l’eau

Même chose mais on va essayer de mettre toute l’épaule dans l’eau et de ne garder que 2 doigts sur la proue du partenaire.

Étape 3 : épaule dans l’eau, retournement du kayak.

On met d’abord la tête dans l’eau.
Ensuite seulement on met l’épaule dans l’eau.
Avec les genoux, on met le kayak à l’envers.
Avec deux doigts sur la proue du partenaire on tient cette position.
Ensuite en utilisant les deux genoux on remet le kayak à l’endroit.
On repose la tête sur le pont.
Et seulement à ce moment on se redresse.

Exercice 3 : même chose que l’exercice 2 mais avec la pagaie.

Kayakiste 1 prend le bout d’une pale de sa pagaie dans une main, l’autre main sur le manche (position de puissance) et pose la seconde pale sur la trappe avant du partenaire.
La main qu tien la pale doit être sur la jupe au niveau du milieu du ventre.
La pagaie doit toujours rester perpendiculaire au kayak.
Reprendre les 3 étapes de l’exercice 2 en allant encore plus doucement.
Arriver à n’avoir que deux doigts sur le manche de la pagaie.
Prendre son temps à chaque étape.

Exercice 4 : le gilet remplace le bateau du partenaire.

Étape 1 :

On enlève son gilet et on glisse une pale dedans.
Il faut que la pagaie reste bien perpendiculaire au kayak, et ne pas faire de mouvement brusque (sinon la pagaie sort du gilet, et plouf…)
On reprend les trois étapes de l’exercice précédent.

Étape 2 :

Une fois allongé sur l’eau on pose la pale qu’on a en main sur sa hanche et on garde l’équilibre.
La main qui tenait la pale passe de l’autre côté du bateau, paume en l’air, bras en extension.
On remonte doucement en laissant la pale posée sur la hanche.

Conclusions

Plus on va doucement mieux ça marche.
Si on va suffisamment doucement, on peut tout faire en douceur.
Il faut absolument… prévoir des boissons chaudes et une plage où l’eau est chaude pour que la séance soit agréable.
On peut s’entraîner à l’esquimautage pendant plus de trois heures, sans avoir mal nulle part (à vérifier avec ceux qui ont déjà fait la séance).